Souplesse et fluidité

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Notre école JKA est le fruit d’une façon de penser exigeante et lucide.

Dernièrement lors d’un entraînement, le maître m’a fait une remarque « Tu travailles trop en force ». Je ne m’en rendait pas compte, mais il avait raison, j’utilisais trop la force physique et du coup j’étais beaucoup trop contracté. En donnant un coup de poing, j’avais la sensation d’être puissant parce que je sentais la force dans mes bras. Mais ce qu’il m’a fait comprendre, c’est que la force prisonnière ne sortait pas, n’était pas transmise.

Cette remarque a raisonné dans mon esprit durant quelques jours. Je me suis rappelé que dans mes lectures, il était dit que maître Funakoshi frappait très souplement, mais avec une grande puissance.
Je me suis attelé à suivre ce conseil, et je constate que cela s’avère plus efficace.

Dès lors, convaincu de la supériorité de la souplesse sur la force physique, j’ai entreprit d’adapter mes techniques. Car le karaté n’est pas quelque chose de figé et encore moins de   mort. Mais c’est un laboratoire de recherche en quelques sortes.

Cette recherche perpétuelle et le refus de s’installer dans le confort de l’autosatisfaction est ce qui, à mon sens, définit le mieux notre école de karaté JKA.
Techniquement en kihon, j’opte à présent pour des mouvements souples et fluides. Des positions basses et des déplacements qui se font avec de grands mouvements du corps.

J’essaie de m’appliquer à effectuer les kata de manière fluide en recherchant la continuité des mouvements.

On évolue toujours et à tout âge, rien ne doit être figé chez le pratiquant.
En travail avec partenaire, je recherche à présent plus l’harmonie et la communication avec l’autre à travers le sen no sen que l’opposition brute.

Je sais que les entraînements seront tout aussi éprouvants physiquement mais j’y prendrai encore plus de plaisir dans cette forme de travail.

L’apprentissage en karaté est encore beaucoup trop lié à la force. Dans toutes les images dont nous sommes bombardés, la force est toujours assimilée à des épaules carrées et rigides et à un corps musclé et contracté et non pas à un corps détendu et souple. Changer cette image est un travail de longue haleine. Mais ce travail est indispensable pour un karatéka qui aspire à utiliser le ki et non pas la seule force musculaire.

Je remercie Raymond Honore Sensei, de m’avoir aidé à assimiler quelque peu la subtilité de son enseignement.
Nous avons encore bien des choses à apprendre sur le travail de l’énergie et par la puissance qu’il permet d’acquérir même souplement.

Oss !

 

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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