Makiwara : travail de patience

Trop peu de karatekas s’exercent au makiwara. Est-ce un effet de génération ? Peut-être … Pourtant, cet instrument de souffrance, qu’on découvre patiament, est un élément indispensable dans la vie d’un karateka.

Lorsque j’ai commencé à ‘frapper’ le makiwara, j’ai cru que cela serait si simple … mais, dès les premiers coups, j’ai vite compris qu’il fallait que j’apprenne à le découvrir, à le respecter aussi !

Le premier contact est impressionnant. C’est le choc face à la réalité du coup. Ce bout de bois à tête de paille tressée ne fait pas de cadeaux. Il faut s’habituer peu à peu à bien placer son poing ou sa main. Kentos, tranchant, revers du poing, paume de la main, tout y passe ! Apparition des premières traces physiques dues au contact mais renforcement musculaire en contre-partie. Sensations des premières douleurs qu’il faut apprendre à contrôler… sans quoi la peur de frapper s’installe.

Mais frapper ne suffit pas … on constate très vite que la stabilité de la position est essentielle. L’engin vous le rappele aussitôt. Le makiwara aide à trouver cette stabilité. Savoir apprécier la bonne distance par rapport à la cible. Placer chaque partie du corps en harmonie avec la rotation des hanches pour libérer toute l’énergie, c’est cela aussi le training au makiwara.
Il y a le travail en force et puis le travail en vitesse. Je pense personnellement qu’il est préférable de commencer par la force, en profondeur afin de bien apprendre à gérer la puissance de frappe. Ensuite, la vitesse nous permet de mieux maîtriser l’onde de choc en retour.
Le makiwara c’est surtout une façon réaliste pour goutter au kime ! Le vrai kime, celui qui fait de chaque technique un acte d’efficacité.

Toutes ces valeurs essentielles s’acquièrent par la répétition des gestes. Une relation particulière s’installe alors entre le makiwara et le karateka. Dans cet exercice physique, la patience a beaucoup plus de pouvoir que la force …
La prochaine fois que vous apercevrez, dans un dojo, ce bout de bois à tête de paille tressée, pensez-y !

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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