Aux jeux etc …

Apprenez-leur-a-jouer-ensemble_exact441x300
On distingue souvent le karaté traditionnel du karaté sportif.
Mais qu’entendons nous par sport ? Bien souvent, on en a une idée rudimentaire et fausse.

Sport est un mot né au XIXe siècle, moderne donc. L’idée de vous parler de ça m’est venue avec l’arrivée des jeux olympiques de Rio. On parle beaucoup de sport en ce moment, partout, dans les médias. Dans les jours prochains, les partisans pour l’entrée du karaté aux JO auront les yeux rivés sur Rio. Car le CIO dévoilera sa décision sur l’intégration de nouveaux sports dans son programme olympique pour les JO de Tokyo, en 2020. Le karaté est candidat et beaucoup attendent cette annonce avec grand optimisme. Qui vivra verra …

Tout le monde sait que les JO furent instaurés par Coubertin en 1894.
Mais ce que l’on sait moins est que le mot « sport » vient de l’anglais « desport », qui signifie amusement, distraction, activité ludique, jeu … Donc quel que soit l’aspect, faire du sport c’est toujours se distraire. Et là j’y viens peu à peu …

Pour bien situer le karaté sportif, il faut savoir qu’il y a deux grandes familles de sports : individuels et collectifs. Certains sports sont des duels, un challenge entre deux hommes. D’autres sports sont des épreuves collectives.

La carrière moyenne d’un sportif est très brève, 5 à 7 ans environ, sauf dans certains sports d’adresse.
En 5 ans, un jeune est méconnaissable, il change vite, entre 13 et 18 ans par exemple. Alors qu’une personne plus âgée de 40, 50 ou 60 ans change peu en 5 ans.
Mais un élément important, et qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que c’est de cette période de jeunesse que dépendront les 40 à 50 années qui vont suivre.

L’adolescence est une des deux périodes les moins confortables de la vie. L’autre période inconfortable étant celle de la chute brutale d’hormones vers la cinquantaine (ménopause chez la femme et andropause chez l’homme).  Mais pour tous, seule la performance compte au sommet de sa forme. Même si parfois, plus dure est la chute, notamment pour ceux qui ont atteint le sommet (traumatisme du champion).

Sans trop parler des effets de dopage (il suffit de parcourir la presse en ce moment, presse qui relate abondamment la problématique des athlètes russes). Mais restons positifs, sans vouloir faire de jeu de mots, et ne mettons pas tous les athlètes dans le même panier. Les sportifs de haut niveau terminent généralement leur carrière avec des blessures et des usures qui les rendront souvent moins valides que ceux qui n’ont jamais rien fait. Cela ne se dit pas mais il faut le savoir et gérer intelligemment sa vie en conséquence.

Heureusement, qu’il y a des règles. Et qu’en karaté sportif, les règles sont là pour éviter les blessures graves.  Sauf que dans les sports de combat en général, on ne dit pas « jouer » (souvenez-vous de l’origine du mot sport), parce qu’ils sont issus d’une tradition datant d’avant le sport. C’est à cela que je voulais en venir. C’est important de garder ça en tête. Ne pas tout mélanger, ne pas tout confondre. Le karaté sportif peut apporter beaucoup aux jeunes, il leur permet d’atteindre un objectif, relever des challenges, d’acquérir l’esprit d’équipe aussi … Mais il ne doit pas perdre son essence martiale. Surtout si il rentre aux JO.

En karaté traditionnel, on pratique pour soi-même. C’est un autre état d’esprit. On a pas de règles. Donc, lorsque vous vous entraînez pour vous même, recherchez de la vitesse plutôt que d’essayer de faire des exercices de force pour « frapper plus fort » par exemple.  Ce qui compte ce n’est pas ce que vous croyez (subjectif) mais ce qui se passe réellement (objectif).

Il est bien connu, mais on l’oublie volontiers, c’est l’augmentation de vitesse qui donne la puissance de l’impact. De toute façon soyons réalistes, à 40, 50, 60 ans, cette force musculaire artificielle va décroître. Je dis « artificielle » car je pense aux nombreux exercices de musculation que nous aurions tendance à faire sans nous fixer les bonnes limites. On augmente pas le nombre de fibres musculaires que l’on a eu à la naissance.

Alors préparez-vous à la compenser par la vitesse, la précision, le bon timing. Dans cet esprit, faire, par exemple, 100 ou 200 pompes n’est pas la solution. Mieux vaut faire 100 ou 500 tsuki en cherchant à gagner de la vitesse. Une vitesse qui se perdra bien plus lentement avec l’âge.

Oss !

 

 

 

 

Publicités

A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s