La pureté du style

164917_143398412510120_1770567788_nOuvrir ce papier avec une petite observation, pour que peut-être  certains pratiquants nous parlent de leur démarche, et en particulier ceux, qui après quelques années de pratique dans leur discipline, s’orientent vers d’autres voies. Pourquoi pas …

Nous avons tous et toutes un jour été confrontés à ça en tant qu’instructeur de club. Combien d’élèves n’ont-ils pas quitté nos rangs pour se lancer vers d’autres formes de combat. Souvent plus attirantes car plus dans l’air du temps. Au premier abord bien sûre.

Cela laisse la réflexion ouverte et peut même lancer un débat. Cette recherche d’autre chose, est-ce positif ou négatif ?
Une telle démarche, outre qu’elle soit courageuse pour certains, et traduise une volonté sincère d’évoluer dans sa pratique, attire quelques fois des réticences, car elle soulève un débat récurrent, celui de la pureté du style.

Les réticences se transforment en critiques quand ceux qui restent fidèles à leur origine s’expriment. Chose que je peux comprendre facilement. Car vouloir préserver l’essence d’une école de style est dans l’absolu et aussi dans la pratique, une nécessité légitime, qu’aucun pratiquant sérieux ne saurait contester.

Mais l’autre question est la suivante : ceux qui émettent de telles critiques sont-ils légitimes à le faire ? Les mentalités ont tellement évolué sur quelques décennies que nous devons laisser ce choix au naturel. Avons-nous un niveau suffisant pour apprécier et critiquer ? D’autre part, il est aussi fréquent que des pratiquants s’accrochent à un style, comme celui qui ne sait pas bien nager à une bouée. Parce que ils estiment que la vraie voie est là et non pas ailleurs. Et qu’il faut vraiment apprendre à bien nager pour parcourir une longue distance.

Mais une fois ce stade de divergences dépassé, c’est naturellement que de nombreux pratiquants cherchent à remplir leur bagage, au besoin, en puisant dans d’autres disciplines sachant que quelque part cela est indispensable pour évoluer. Et j’adhère à cette réflexion, tout en vous laissant méditer par la conclusion suivante.

Encore faut-il savoir quoi et où chercher. Et ce n’est pas toujours évident ! Par exemple, de plus en plus de karatéka étudient en parallèle un art interne comme le tai chi.
Si cette démarche est logique et intéressante, il faut veiller à trouver un expert en tai chi qui, non seulement, est à même d’enseigner la forme mais aussi l’essence.
Sinon on se trouve dans la situation d’avoir deux voies sans que l’une enrichisse l’autre. C’est à partir de là qu’on mesure l’immensité de l’obstacle.

Voilà pourquoi, quand on a de la chance de s’entraîner et de recevoir l’enseignement d’un maître ouvert et compétent, il faut le préserver, le respecter.

Oss !

 

 

 

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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