Timing

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En karaté, on parle beaucoup de « timing », que signifie ce terme ?
On le traduit par « temps », mais dans la réalité du combat, quelle signification concrète doit-on lui donner ?
Comment peut-on travailler afin d’améliorer notre sens du timing ?

Vous êtes face à un adversaire, vous avez perçu une ouverture, vous lancez votre attaque, mais vous ne rencontrez qu’un vide.
Votre adversaire a esquivé.
Votre technique n’est pas arrivée à temps. Pourtant, votre posture, votre attitude mentale étaient correctes.
L’attaque a été exécutée avec puissance et vitesse. Mais elle n’a servi à rien puisque vous êtes arrivé trop tard.
Un millionième de seconde de retard et elle est inefficace. Tout est à refaire.

Votre adversaire a-t-il été plus rapide que vous ? On le dit dans un tel cas, mais c’est mal poser le problème.
Disons plutôt que vous avez été plus lent que lui. C’est presque pareil, mais pas tout à fait …
En gros, disons que souvent, une attaque qui n’aboutit pas est une attaque exécutée avec un mauvais timing.
Ce, quelle qu’en soit la raison. Votre adversaire l’a bloquée ou esquivée ? L’a-t-il neutralisée en cassant légèrement la distance ?
Au contraire, a-t-il anticipé et contré en entrant dans votre ouverture ?
Peu importe la raison, vous aviez un mauvais timing. Lui par contre, avait un bon temps d’attaque.

Comment acquérir ce timing ? Certains l’ont dans la peau … peut-être. D’autres, non ! Dieu merci, le timing peut se travailler.
Disons même que le timing en combat doit être travaillé. Même si on ne peut définir cette notion dans son acceptation la plus globale, on peut essayer à partir d’un certain nombre d’éléments de repère de chercher à l’assimiler.
Il y a plusieurs façons de comprendre et de travailler le timing.
En voici une à titre d’exemple.

Comment bien utiliser la force d’attaque de son adversaire pour lancer notre attaque dans les temps …
Exemple d’une combinaison très simple. Mon adversaire attaque en oi tsuki jodan. Je pare en tate shuto uke et contre en gyaku tsuki. Présentée ainsi, la combinaison est enfantine. Mais si on analyse plus, on s’aperçoit qu’exécutée par un pratiquant de niveau élevé, cet exercice est un excellent moyen d’utiliser la force adverse pour engendrer ma propre force de contre-attaque.
Ce phénomène peut s’expliquer de différentes façons.

Mon adversaire attaque en oi tsuki. Je bloque en tate shuto uke. Mes hanches sont alors beaucoup plus de profil qu’en posture kamae.
Cette position est amplifiée par le choc créé à l’impact du blocage. En effet, comme l’attaque est puissante, il faut donc un blocage puissant, ce qui se traduit par un étirement maximal des hanches. De même qu’un arc bandé au maximum va lancer la flèche dès qu’on lâchera la corde, le gyaku tsuki va être exécuté avec vitesse et donc avec force et ce d’autant plus que les hanches auront été plus étirées.

Dans le travail normal, ce travail des hanches est évident. Ce qui apporte un plus dans ma façon de faire, c’est l’impulsion qui est crée par le choc de l’impact.
Tout se passe comme si au contact, je reçois la force de mon adversaire pour l’utiliser en retour.

Voilà une combinaison simple pour travailler le timing en utilisant la force adverse. A vous de jouer à présent …
Oss !

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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