Une technique, trois éléments-clés

bubishi uraken uchiQu’est-ce qu’une technique en karaté ? Le pratiquant peut-il se permettre d’apprendre « bêtement » un mouvement. Il existe des principes ou des règles très simples pour permettre d’assimiler de façon opérationnelle les techniques.

Souvent, les pratiquants apprennent, sans savoir réellement pourquoi, telle ou telle technique.

Prenons un exemple, si l’écolier n’apprenait que l’addition, il serait bien handicapé pour ajouter mille ou dix mille fois la quantité « un ». Avec la table de multiplication, il obtient immédiatement la réponse. Mon propos tend à dire ceci : plutôt que d’apprendre des dizaines de techniques et de variantes de mouvements, il vaut mieux bien assimiler les quelques principes fondamentaux. Quand on a compris les points-clés des règles auxquelles obéissent les mouvements, alors tout s’éclaire.

N’oublions pas que pour connaître et apprécier le karaté, il faut assimiler les bases. Mais cela ne veut pas dire que la pratique est simple. Justement, si elle est complexe, il ne faut pas la compliquer encore plus.

Faisons simple, quelle que soit la technique que l’on choisit, elle a trois éléments fondamentaux : elle débute à un endroit, elle se développe selon une certaine trajectoire, et elle explose à l’impact. Voilà donc, sur le plan mécanique les trois éléments-clés d’une technique. Quand on a bien cela en tête, tous les mouvements seront exécutés selon une forme correcte et une sensation meilleure car on sait d’où on part, où on va et où s’arrêter.

Certains diront que ça ressemble fort à des maths, de la géométrie, et pourtant c’est la réalité.

Le point de départ, c’est simple, quand vous êtes en kamae pour attaquer en tsuki par exemple, vos membres supérieurs sont dans une certaine position située dans l’espace. C’est de là que doit partir votre coup de poing. Si votre poing qui va attaquer est placé contre votre hanche, vous devez exécuter votre technique de cette position. Quand on est en position kamae, l’attaque doit être directe, ne pas ramener le poing en arrière qui a pour conséquence de faire un mouvement supplémentaire, inutile, et considéré comme geste « téléphoné ». Car dans ce cas, vous indiquez à l’adversaire que vous aller attaquer. D’autre part, vous allez perdre un certain temps qui donnera à votre adversaire le temps de voir votre attaque démarrer, et donc d’ajuster sa riposte. Attention, ce mouvement de recul n’est pas simplement physique. Il arrive assez fréquemment que des pratiquants même avancés, tout en ne ramenant pas physiquement leur poing, le fassent dans la « tête », ce qui s’exprime sur le plan corporel par un léger recul du bras qui va attaquer. Dans les deux cas, les conséquences sont les mêmes face à un combattant expérimenté.

En résumé, il faut attaquer de la position où l’on se trouve.

L’attaque va devoir se développer selon une trajectoire bien définie. Un tsuki ou un mae geri s’exécutera selon une ligne droite, alors qu’un mawashi se déroulera selon une ligne circulaire. L’amplitude de la ligne d’attaque dépend des écoles et du but de l’exercice. Certaines écoles recherchent un mawashi bien ample car le but recherché est soit purement éducatif soit pour créer une belle gestuelle. D’autres écoles, au contraire enseigneront un mawashi plus rapide, moins ample. Il y a toujours une raison pour une action. Je pense qu’on peut tout faire à condition d’expliquer raisonnablement le pourquoi des choses.

Cette ligne de développement de la technique est un élément important. Souvent les pratiquants peu expérimentés se contentent d’exécuter une technique en oubliant cette trajectoire. En effet, tout se passe comme si une technique n’était qu’un point de départ et un point d’arrivée. Elle est vide entre ces deux points. Non … il faut que l’on soit conscient de ce que l’on fait durant tout le déroulement de l’action.

Enfin, une technique doit avoir un point d’impact. Nous devons en être conscient car c’est là que l’explosion du kime devra se faire. Comme dans les kihon ou dans les kata, on travaille sans adversaire physiquement existant, il faut donc visualiser la ligne d’exécution mais surtout le point d’impact. Si on le fait, le kihon ou le kata sera plus « sincère » ou plus vivant.

On peut encore extrapoler par rapport à ce qui donne vie à toute technique, mais en faisant déjà attention à ces quelques principes, votre travail, votre sensation sera différente sinon meilleure.

Oss !

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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2 commentaires pour Une technique, trois éléments-clés

  1. Drianne Marco dit :

    Bonsoir Sensei.Nous sommes bien d accord en tous points.Pour ma part, je reste posé sur les fondamentaux essentiellement..toute la richesse est là selon mon avis.Je comprends mieux le sujet lorsque maintenant plus largemrnt développé et décèle mieux ta direction , que je reprecise en accord parfait.Les aléas de l ecriture et ses divers degrés en comprehension.Merci donc pour le développement mon Ami et bonne soirée.
    Marco.

  2. Onisan dit :

    Encore une fois, mon bon Sensei, tu vas à l’essentiel. Oss !

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