Bassai Dai – Description technique

Bassai Dai (Pénétrer la forteresse) : Bassai peut être compris comme la volonté de rompre un encerclement. Il existe une autre façon de comprendre le nom de ce kata qui peut être le fait de réaliser une incursion stratégique dans le territoire ennemi avec l’intention bien déterminée de vaincre. C’est souvent cette dernière interprétation qui est retenue. Bassai Dai se singularise par des techniques puissantes et dynamiques. Avec ce kata, on apprend à utiliser les contraires : calme et agilité, techniques rapides et techniques lentes, force et changement. L’embusen du kata est en forme de T.

Description technique

Saluez lentement, musubi-dachi.
Annonce du kata : Basai Dai ! Yoi, Passez lentement de la position Musubi-dachi à la position Heisoku-dachi. Serrez légèrement la main gauche autour du poing droit.

1.Migi-chudan-uchi-uke ; poussez sur la jambe gauche et bondissez puissamment vers l’avant pour adopter la position mae-kosa-dachi. Pendant ce mouvement, armez naturellement en tirant les mains en arrière vers le côté gauche en les conservant dans la même position. Blocage droit au niveau moyen, de l’intérieur vers l’extérieur. La main gauche vient en renfort contre la face interne de l’avant-bras droit, juste sous le poignet.
A partir de là, vous adoptez la bonne hauteur de position, elle ne doit plus varier pendant le kata. Ce kosa-dachi définit la hauteur du zenkutsu-dachi qu’on retrouvera ensuite.

2. Hidari-chudan-uchi-uke ; pivotez le bassin vers la gauche et passez en zenkutsu-dachi dans la direction opposée en exécutant le blocage gauche de l’intérieur vers l’extérieur au niveau moyen. Le mouvement des hanches est important pour effectuer cette technique avec dynamisme.

3.Migi-chudan-uchi-uke ; sur place, blocage droit au niveau moyen, de l’intérieur vers l’extérieur en gyaku-hanmi (pivotez bien le bassin, la hanche opposée à la jambe avant vers l’avant). Restez dans la même position en zenkutsu-dachi.

4.Hidari-chudan-soto-uke ; en rotation vers la droite dans la direction opposée, décalez bien le pied droit et passez en zenkutsu-dachi droit en exécutant le blocage gauche de l’extérieur vers l’intérieur au niveau moyen. Le bassin est en gyaku-hanmi.

5.Migi-chudan-uchi-uke ; sur place blocage droit au niveau moyen, de l’intérieur vers l’extérieur. Position toujours en zenkutsu-dachi droit. Importance d’une bonne rotation du bassin.

6.Migi-chudan-soto-uke ; décrivez un arc de cercle avec le pied droit pour l’amener à hauteur du pied gauche, pivotez de 90° vers la droite, bloquez avec le poignet droit en cuillère, dans un mouvement vers le bas, en fléchissant légèrement les genoux. Continuer le mouvement en amenant le poing droit plus ou moins à hauteur de la tête, veillez à ce que le revers du poing soit orienté vers l’extérieur, en même temps redressez le buste et ensuite exercez une poussée du poing droit vers l’avant en avançant le pied droit pour adopter la position zenkutsu-dachi droit. Finalisez la position en exécutant un blocage droit de l’extérieur vers l’intérieur au niveau moyen. Le poing gauche reste à la hanche gauche pendant tout le mouvement.

7.Hidari-chudan-uchi-uke ; sur place, blocage gauche au niveau moyen, de l’intérieur vers l’extérieur, en tournant bien les hanches vers la droite. Le bassin est en gyaku-hanmi.

8.Migi-koshi-kamae ; passez en position naturelle, les deux poings du côté droit en kamae. Poing gauche revers vers l’avant sur le poing droit revers vers le bas. Tournez vous sans déplacez l’écart entre vos pieds. Pour cela, il faut adopter dans la technique précédente une petite fente lors du zenkutsu-dachi.

9.Hidari-tate-shuto-uke-chudan ; étendez le bras gauche devant vous pour exécuter un blocage vertical du tranchant de la main au niveau moyen. Décrivez lentement cet arc de cercle vers l’avant pendant la technique. Mouvement lent et puissant. Vous devez avoir la sensation de vous enraciner au sol.

10.Migi-chudan-zuki ; sur place, coup direct du poing droit au niveau moyen.

11.Migi-chudan-uchi-uke ; en pivotant le bassin sur la gauche pour exercer une belle rotation des hanches, rotation des pieds vers la gauche, fléchissez uniquement l’avant-bras droit vers vous et exécutez un blocage droit de l’intérieur vers l’extérieur au niveau moyen. Le poing gauche reste en position hikite à gauche, donc pas d’armement à deux mains. Etendez puissamment la jambe droite et fléchissez légèrement le genou gauche pour vous retrouver en position hidari hiza kussu (comme si vous étiez en zenkutsu-dachi mais avec les talons qui demeurent alignés).

12.Hidari-chudan-zuki ; revenir en position naturelle (shizentai) et portez un coup direct du poing gauche au niveau moyen.

13.Hidari-chudan-uchi-uke ; en pivotant le bassin sur la droite, exercez une rotation des hanches pour effectuer un blocage gauche au niveau moyen, de l’intérieur vers l’extérieur. Même forme qu’au temps 11.

14.Migi-shuto-uke-chudan ; ramenez le pied droit vers l’avant pour effectuer un blocage du sabre de la main droite au niveau moyen. Pendant le changement de direction, prenez le temps de bien armer la technique. La position finale est kokutsu-dachi.

15.Hidari-shuto-uke-chudan ; avancez le pied gauche vers l’avant pour porter un blocage du sabre de la main gauche au niveau moyen. Bien armer la technique pendant le déplacement. Position kokutsu-dachi.

16.Migi-shuto-uke-chudan ; avancez le pied droit vers l’avant pour porter un blocage du sabre de la main droite au niveau moyen. Bien armer la technique pendant le déplacement. Position kokutsu-dachi.

17.Hidari-shuto-uke-chudan ; reculez le pied droit pour vous retrouver en position kokutsu-dachi gauche et effectuez un blocage du sabre de la main gauche au niveau moyen.

18.Migi-sho-tsukami-uke ; sans bouger la main gauche, décrivez un arc de cercle vers l’avant avec la main droite en commençant sous le coude gauche pour effectuer une saisie inversée avec la main droite. La main gauche est en appui sur le poignet droit. Vous passez de la position kokutsu-dachi à la position hiza-kussu gauche.

19.Migi-sokuto-kekomi-gedan ; élevez de façon dynamique en préparation le genoux droit dans le triangle formé par les bras et la poitrine pour ensuite abaisser puissamment le pied droit en portant un coup bas pénétrant. C’est le moment du premier Kiai ! Pendant l’extension de la jambe droite, ramenez les deux mains au niveau du sein droit, paumes vers le bas.

20.Hidari-shuto-uke-chudan ; pivotez les hanches à gauche, posez la jambe qui vient de porter le coup au sol et faites face dans la direction opposée, en position kokutsu-dachi, en exécutant un blocage du sabre de la main gauche au niveau moyen.

21.Migi-shuto-uke-chudan ; avancez le pied droit vers l’avant en exécutant un blocage du sabre de la main droite au niveau moyen, toujours en position kokutsu-dachi.

22. Morote-jodan-uke ; ramenez le pied droit pour vous redresser, les genoux légèrement fléchis et effectuez le blocage double des deux mains au niveau supérieur. Les revers des poings sont orientés vers l’arrière, les mains se touchent au niveau du visage au moment où les pieds sont joints pour remonter juste au dessus du front. Mouvement lent et fluide. Vous êtes en position heisoku-dachi.

23.Hasami-uchi-chudan ; écartez légèrement les bras vers le haut en levant le genou droit (petite impulsion), glissez le pied droit un pas en avant pour adopter la position zenkutsu-dachi, frappez un double coup de poing marteau en ciseaux au niveau moyen.
Lors de la descente des poings, veillez à maintenir les coudes le long du corps, sans trop écarter les poings vers l’extérieur. Le chemin le plus direct doit être emprunté afin d’obtenir une technique efficace et rapide. Evitez les grands mouvements inutiles des bras.

24. Migi-zuki-chudan ; effectuez une légère glissade des deux pieds vers l’avant en yori-ashi pour frapper du poing droit au niveau moyen. La position finale est toujours zenkutsu-dachi.

25a.Hidari-nagashi-uke / Migi-shuto-uchi-gedan ; rotation à 180° vers la gauche pour venir frapper un coup fouetté du sabre de la main droite au niveau inférieur. En même temps, exercez un blocage balayé au niveau supérieur, mains gauche tournée vers l’oreille droite. Vous êtes en position hiza-kussu, talons alignés sur une même droite. Mouvement dynamique.
25b.Migi-sokumen-uchi-jodan-uke / Hidari-sokumen-gedan-uke ; ramenez le pied gauche au niveau du pied droit en adoptant la position heisoku-dachi en même temps que vous pivotez le bassin de 90° vers la droite. En même temps blocage du poing droit au niveau supérieur et blocage du poing gauche vers le bas et la gauche. Mouvement lent.

26.Migi-sokumen-gedan-uke ; pivotez sur la jambe gauche vers la droite à 180° sans modifier la position du bras droit, tournez les hanches à gauche pour retomber en position du cavalier en kiba-dachi et effectuez un blocage du poing droit vers le bas et la droite. Mouvement direct du poing droit.

27.Sho-sokumen-kake-uke-chudan ; tournez la tête vers la gauche tout en restant en kiba-dachi, croisez les bras devant la poitrine en armement (main gauche sous le bras droit) et effectuez un blocage crocheté de la paume gauche au niveau moyen à gauche. Le poing droit vient en hikite à droite.

28a.Migi-mikazuki-geri ; sans bouger la main gauche, amenez le pied droit au niveau de celle-ci (paume de la main gauche) en effectuant un coup de pied en forme de croissant de lune. Le poing droit reste au niveau de la hanche droite en hikite. Pour cette technique, on frappe avec la plante du pied droit. Cette frappe doit être une véritable percussion. Faites preuve de vitesse et de puissance sur cette technique.
28b.Migi-chudan-mae-empi-uchi ; reposez le pied droit en kiba-dachi et effectuez un coup de coude droit frontal au niveau moyen. En gardant la main gauche en place, on vient frapper la paume gauche avec le coude droit. C’est la pointe du coude (cubitus) qui frappe. Afin d’amener cette pointe à la cible, le poing droit doit être en contact avec la poitrine. Cette combinaison mikazuki geri + empi uchi apparaît déjà dans Heian Godan. Dans la série des heian, elle s’exécute en deux temps bien distincts. Dans le kata Basai dai, cette combinaison s’exécute sur un seul temps. Ce détail n’est pas négligeable.

29.Migi-gedan-barai ; sur place, en kiba-dachi, abaissez juste le poing droit pour exécuter un balayage droit, le poing gauche se pose juste au-dessus du coude droit en kamae.

30.Hidari-gedan-barai ; sur place, en kiba-dachi, inversez la technique précédente. Balayage gauche, le poing droit se pose juste au-dessus du coude gauche en kamae.

31.Migi-gedan-barai ; sur place, en kiba-dachi, inversez la technique précédente pour revenir à la même technique du temps 29. Pendant les temps 29, 30 et 31 chaque revers de poing est orienté vers l’avant. Les mouvements de poings ne suffisent pas, il faut y ajouter le travail des hanches et se sentir enracinés dans la position du cavalier. Techniques courtes et rapides.

32.Hidari-koshi-kamae ; tournez la tête vers la droite, gardez les deux pieds en place, tournez les hanches à droite pour adopter la position migi-hiza-kussu. Pendant cette rapide rotation de corps, amenez les deux poings du côté gauche en kamae (poing droit en position supérieure).

33.Yama-zuki ; sur place, en demeurant dans la position hiza-kussu, portez le fameux coup de poing de la montage, poing gauche au niveau supérieur et poing droit au niveau inférieur. Le poing qui porte l’attaque au niveau supérieur doit être au-dessus de votre tête. Gardez le coude au corps du poing qui porte l’attaque au niveau inférieur, sous forme d’un ura zuki. Le buste est de profil. A l’arrivée de la technique, les deux poings doivent se trouver sur un même axe vertical.

34.Migi-koshi-kamae ; ramenez vers vous le pied droit afin de vous redresser en heisoku-dachi, les deux poings au-dessus de la hanche droite. Poing gauche en position supérieure.

35.Yama-zuki ; inversez la technique du temps 33 en reposant le pied gauche devant vous. Le poing droit est cette fois en position supérieure et le poing gauche en position inférieure. Position hiza-kussu.

36.Hidari-koshi-kamae ; ramenez le pied gauche afin de vous redresser en heisoku-dachi, les deux poings au-dessus de la hanche gauche. Poing droit en position supérieure. C’est le mouvement inverse du temps 34.

37.Yama-zuki ; inversez la technique du temps 35 en reposant le pied droit devant vous. Le poing gauche est en position supérieure et le poing droit en position inférieure. Position hiza-kussu.

38.Migi-gedan-sukui-uke ; en pivotant sur la jambe droite, tournez les hanches vers la gauche, l’épaule gauche bien en arrière, l’épaule droite en avant, décrivez un grand mouvement circulaire avec le poing droit à partir de l’épaule gauche (revers vers l’avant) puis tout droit (revers vers le bas). Déplacez le poids du corps vers la jambe gauche en même temps que vous ramenez le poing gauche à la hanche gauche en hikite. Le dos doit rester bien droit et perpendiculaire au sol. C’est la défense dite en cuillère vers le bas et la droite. Les pieds sont bien alignés en position hidari-hiza-kussu.

39.Hidari-gedan-sukui-uke ; gardez les pieds en place tout en inversant la direction, tournez les hanches à droite pour porter la défense en cuillère vers le bas et la gauche. C’est le mouvement inverse du temps 38.

40.Migi-shuto-uke-chudan ; tournez la tête de 45° vers la droite en ramenant le pied gauche contre le pied droit. En même temps, dans cette direction à 45°, armez le shuto-uke puis avancez le pied droit dans la même direction pour effectuer le blocage du sabre de la main droite au niveau moyen. Vous êtes en position kokutsu-dachi.

41.Sono-mama ; en prenant appui sur le pied gauche, glissez le pied droit vers la droite pour pivoter le corps à 90° tout en tournant la tête vers la gauche dans la direction opposée. Tournez avec lenteur mais force la main droite en conservant la forme du shuto-uke. Les jambes restent en position kokutsu-dachi.

42.Hidari-shuto-uke-chudan ; ramenez le pied droit contre le pied gauche sur un mouvement de pas chassé pour passer en position kokutsu-dachi gauche. Effectuez le blocage final du sabre de la main gauche au niveau moyen en poussant le second kiai !

Restez concentré quelques secondes sur la dernière technique, regard droit. Puis ramenez lentement le pied gauche contre le droit et redressez-vous en heisoku-dachi, comme au début. De la main gauche enveloppez le poing droit pour revenir à la posture identique du début du kata.

Inspirez doucement. Restez quelques secondes avant d’ouvrir les pieds pour reprendre l’attitude musubi-dachi. Amenez les bras le long du corps et saluez comme au début.

Décalez le pied gauche à gauche et le pied droit à droite pour revenir position d’attente naturelle.

Au total, 42 mouvements pour une durée d’exécution d’environ 60 secondes.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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12 commentaires pour Bassai Dai – Description technique

  1. brunobandelier dit :

    Bonjour Salvatore,

    Merci pour ce descriptif détaillé de Bassai Dai. C’est un de mes kata préféré. Tu parles souvent de rotation de hanche (ou de bassin) et c’est vrai que dans Bassai Dai le travail des hanches est très prononcé et c’est sans doute ce qui me plait.
    Par contre, j’ai quelques questions qui me chagrinent :
    D’abord concernant la position Hiza Kutsu. En effet à part au point 18 (et encore!), dans tous les autres cas où tu mentionnes Hiza Kutsu, j’ai appris plutôt ZenKustu Dachi. Peux tu me dire si c’est réellement Hiza Kutsu avec les pieds sur la même ligne que tu préconises aux points 25a, 33, 35 et 37.
    Autre chose dans les mouvements 26, tu ne lèves pas le genou pour faire Fumikomi, est-ce un oubli ? Pareil aux points 35 et 37 j’ai toujours vue une levée du genou avec soit Mikazuki Geri soit Fumi Komi en même temps que les deux derniers Yama Zuki.
    En tout cas, bravo pour ton site.

    Amicalement
    Bruno

    • Bonjour Bruno,
      Réponse à tes questions. Oui, il s’agit bien de la position Hiza Kussu. Position différente du zenkutsu-dachi. En fait, c’est presque pareil, sauf que les pieds (talons) sont alignés sur une même droite. Différence donc avec le zenkutsu-dachi où la largeur entre les pieds est plus ou moins égale à la largeur des hanches.
      Ca s’explique très bien au temps 18 car tu passes de la position Kokutsu-dachi à hiza-kussu … il suffit de faire passer le poids du corps de la jambe arrière sur la jambe avant, sans déplacement du pied avant. Ce type de travail se retrouve surtout dans les kata supérieurs, gain de temps et rapidité d’exécution. Au début ça fait un peu bizarre car on est parfois déséquilibré, mais à force de s’y entraîner, ça devient naturel.
      C’est aussi ce type de travail qui différencie une bonne ceinture noire 😉
      Mais rassure-toi, je ne l’ai pas inventé … ce sont mes maîtres de la JKA qui m’ont enseigné cela. Ce fameux Hiza-kussu. Ce n’est pas nouveau pourtant, déjà Nakayama Sensei le stipulait dans ses ouvrages.
      Je confirme aussi pour les temps 25a, 33, 35 et 37.
      Mais attention, ce que je te dis là, c’est l’enseignement JKA.
      Dans d’autres styles de karaté, tu ne retrouves pas cette particularité, bien souvent, il est vrai que beaucoup de maîtres exécutent un simple zenkutsu-dachi classique.
      Perso, je trouve que ça manque de finesse, et que justement l’introduction de Hiza-kussu permet de franchir encore une nouvelle étape supérieure dans l’exécution du kata.

      Pour ta question concernant le temps 26. Pendant l’exécution de la rotation du corps, oui, on lève légèrement le genou. Mais si je ne l’ai pas indiqué, c’est justement pour ne pas se focaliser sur ce détail. Car la technique effective est bien le blocage en gedan uke. C’est là et uniquement à cette technique qu’il faut mettre le maximum de kime.
      Beaucoup de gens confondent et parfois en arrivent même à mettre plus d’efficacité sur la pose du pied au sol que sur le blocage du poing droit.
      Tu vois, c’est par soucis justement d’attirer l’attention sur la technique réelle qui doit être exécutée à cet instant précis.
      La levée du genou et la retombée en fumikomi du pied droit fait plutôt partie du mouvement, mais ce n’est pas « la » technique principale de ce temps 26.
      C’est important d’attirer l’attention des pratiquants au dojo sur ce type de détails.

      Enfin, pour les temps 35 et 37, c’est dans le même ordre d’idée.
      La technique effective est bien le yama zuki. C’est sur cette technique qu’il faut axer toute l’énergie, l’efficacité, le kime.
      En plus, cette double frappe est une des plus belles caractéristiques de Bassai Dai. J’adore ce coup … et je prend beaucoup de plaisir à le placer lors de combat en kumite libre … ça surprend toujours l’adversaire.
      Pour revenir au kata, la levée, légère, du genou peut se faire juste pour donner une impulsion au mouvement, mais il ne faut surtout pas y mettre une technique du style mikazuki-geri ou autre (balayage, etc).
      Non, c’est juste une impulsion naturelle avec le genou pour frapper yama-zuki.
      C’est la raison pour laquelle je ne m’attarde pas trop sur ça. J’essaie d’indiquer l’essentiel sur chaque technique effective sur laquelle le pratiquant doit se concentrer.

      Mais tu as raison de m’interpeller sur tout ça. Ca me plait 😉 Et je vois que tu es dans le détail. Parfait !! Ca permet surtout d’échanger nos points de vue et de comprendre les choses sous un autre angle.

      Félicitations à toi aussi Bruno pour ton site.
      A bientôt et n’hésite pas à revenir vers moi …
      Oss !

      • Marco dit :

        Bonjour à Tous.Pour éventuellement rebondir sur Yama tsuki et ses diverses applications,j’aimerais placer ici un des  »petits cotés »caché de la chose,qui me fais dire,comme très souvent d’ailleurs,que le Karatedo opère sur un domaine plus subversif qu’il n’y paraît,de prime abord.
        Imaginons despatcher sur notre PC,nombres d’informations simultanées et soumises à analyse,pour en observer le temps de réaction aux réponses.Force est de constater que plus de données seront lancées,plus le temps de réponse sera lent.Il en est de même avec ce genre de techniques simultanées et l’organe moteur qu’est notre cerveau.
        Sur ce genre de mouvement,mais fait en simple(oi tsuki,gyaku,…),UNE image passe par le vecteur qu’est la vision et transmet l’info vers le cerveau.UNE analyse rapide(tout dépend ici de votre hygiène de vie,de votre pratique,de vos gènes,culture,….)renvoie l’influx de réponse correct(espérons le du moins).Reste maintenant que SI l’on place une formule simultanée(voire triple,parfois),il y a saturation de réseaux!!Toutes les infos passant par le même canal neuro-transmetteur viennent à  »coincer dans un noeud fatal ».
        Je demeure convaincu que les frappes simultanées et doubles ouvrent et ferment des portes énergétiques,mais c’est un domaine que je ne gère nullement et je laisserais à d’autres,de s’y attarder.Les bunkais et autres applications combat tiennent la route,c’est un fait certain également.Divers degrés de compréhensions et de recherches s’offrent à nous;je lance juste une piste qui me semble intéressante.
        Je terminerais en mentionnant d’autres Katas pour éventuellement appuyer les écrits ci dessus.
        Empi no kata(Tps 14)Jodan haito uke(distraction du regard)
        Nijushiho no kata(Tps 22)Morote gedan tsuki
        Bassai sho(Tps 31,….)Morote chudan yoko tsuki,….
        Tekki shodan Id
        Et bien d’autres,la liste est exhaustive…..
        Bon amusement et merci;
        Marco(Ujio)

      • brunobandelier dit :

        Bonjour Salvatore,
        Je te remercie pour ta réponse. Je note que c’est quand même purement JKA car dans les cahiers techniques fédéraux de la FFKaraté, il y déplacement du pied pour passer en ZenKutsu et il y a des Fumikomi.
        Comme quoi, comme dit Marco, y a t’il une vérité? Mystère?
        Merci pour tes précisions.
        A+
        Bruno

      • Bonjour Bruno,
        Oui, ce que je décris dans ce volet technique est purement JKA.
        Je sais qu’il existe des différences, et parfois même entre maîtres JKA.
        Alors, dans ce cas, je m’adapte mais je garde toujours en moi la ligne de conduite donnée par notre directeur technique pour la Belgique Gneo Sensei.
        @+
        Salvatore

  2. Onisan dit :

    Konnichi wa Sensei,
    Merci pour tous ces précieux conseils et je me rend compte à la lecture des commentaires, que je suis loin, mais alors là très loin d’avoir saisi toute l’essence de Bassai Dai. Mais, heureusement, il me reste encore quelques belles années et toute ma volonté pour y arriver…
    Oss !

    • Marco dit :

      Bonsoir Onisan;Tu possèdes donc l’essentiel;la foi,la passion,le temps la soif de connaissance.Un tout petit conseil,si je peux me permettre;ne te sous estime nullement car personne ne détient LA vérité(est on d’ailleurs certains qu’il n’y en ait qu’une?)et le chemin sans fin reste le chemin.Merci
      Marco(Ujio)

      • Onisan dit :

        Konnichi wa Marco,
        Je n’ai pas le plaisir de te connaître personnellement, ce qui pourrait se faire lors de l’un ou l’autre stage.
        Tes commentaires sont toujours très judicieux et je te remercie pour tes encouragements.
        Amicalement.

  3. Marco dit :

    Bonsoir;je pense sincèrement que notre ami Salvatore a adopté la meilleure formule qui soit,en matière de diffusion.JKA,SKI,Karate no michi,……sont des courants,et il se devait bien d’en choisir un(peu m’importe lequel d’ailleurs).
    Je ne me rattache à un groupe quelconque(la politique est bannie de mon itinéraire,et ma philosophie de vie m’écarte d’office de cela),ce qui fait en outre ma force dans ce genre de débat;mais revendique néanmoins ma pratique Shotokan ryu(pratique que je me veux quotidienne à raison de 2,voire 3 h/jour).
    J’affectionne les Katas et effectivement,par mes recherches,ai constaté des variantes(tellement minimes en fait),interprétations,divergences,…
    Je ne considère pas l’étude Karatedo comme figée,rigide,fixe,… mais plutôt en permanence vivante,fluide,…. Cela pour dire qu’effectivement,il m’est arrivé de travailler sur des variantes et de tenter déceler le ressentit des fondateurs…car après tout,sommes nous certains d’être dans le bon?
    Bien sûr,il a fallu trancher à un moment ou l’autre pour en définir une pratique et sans jeter un quelconque pavé dans la mare,il se DOIT d’exister des puristes,au risque d’ouvrir la porte aux dérives de tout ordre.
    Le classement,tri,imposition,limite gauche-droite,…n’est pas mon genre,face à l’ouverture,découverte,recherche,…
    Prenons l’académique Zenkutsu dachi en exemple(le terme Dachi formalisant la position académique et pure/en position semi à genou(hiza shita kamaete),Aussi,et à partir du genou au sol,nous délimitons 2,voir 3 espaces de poings vers le talons autre) comme écartement.Relevons cette position pour tomber sur ZKD(enseigné de cette manière,ET pour OCCIDENTAUX,dans nombre de Dojo à Tokyo,Kyoto,…De cette position,nous passerons vers KKD,KD,…juste avec répartition correct du corps sur les axes.
    Sortons maintenant le Zenkutsu(sans Dachi)de chacun de nous,honorables amis du Net, en attitude combat et remarquons que la forme,la base,l’alphabet,…est identique pour tous MAIS adapté à l’instant.ET à VOUS
    Ce que je veux dire par là,est que les détails sont  »insignifiants »dans les katas car l’âme est adaptable à tout instant.L’esprit du kata outre-passe ces détails,et débats
    Une ligne directrice,certes,qui ne s’arrête pas dans son itinéraire.J’ai coutume de poser la question à mes élèves au regard de la ligne d’horizon de l’océan indien(plus sympa que la mer du nord,avec ce temps!)et de demander ce qu’ils voient.En fait les réponses sont souvent identiques en la mention d’une ligne droite,parfois légèrement courbe.Une ligne restant quelque chose de rigide et fixe à l’horizon.Pour ma part,j’ai tendance à voir quantité de points disposés les uns à la suite des autres(quantités d’aspirations et vécus différents)qui constituent finalement cette ligne!
    Il n’est pas facile de tirer qqc de strict dans un monde si malléable qu’est le Budo.
    Mon admiration va vers toi donc Salvatore,qui avec parcimonie,humilité,gestion des paroles,…tente ET y arrive.
    Le message passe,aux lectures des chercheurs ci dessus;le but est atteint.Continue.
    Merci
    Marco

    • Merci Marco,
      J’adhère complètement à ta vision.
      Faire le choix d’une voie, sans porter des ornières. Bien que je me considère comme un puriste JKA, j’ai toujours eu cet éveil de curiosité vers chaque aspect de l’art martial.
      Et comme je le disais à Bruno, il m’arrive souvent de m’adapter à l’un ou l’autre maître. Car d’expérience, je peux te dire que dans une même « école de style », il y a souvent des différences. Mais le respect que j’éprouve pour ces maîtres me pousse tout naturellement à l’ouverture.
      Ton exemple du zenkutsu dachi est simple et si explicite pourtant …
      Et encore, j’ai hâte d’aborder l’entraînement en milieu naturel … et là, j’imagine que par ton expérience personnelle, tu vas décupler ma curiosité.
      Car poser un zenkutsu dachi dans un dojo, n’est pas du tout pareil que d’effectuer le même geste sur un sol accidenté et pourquoi pas sous la pluie …
      Tu vois où je veux en venir … Ce sera peut être mon prochain sujet …

      • Marco dit :

        Bonsoir Salvatore et les amis;de rebonds,en rebonds,il n’est pas toujours aisé de se faire comprendre dans un domaine si fluide,et surtout par l’écriture, que sont les Budo du Japon.Si je peux me permettre un petit point,en toute sympathie,je pense que tout se trouve dans VOS mains.
        Les limites qui sont nôtres sont établies par diverses instances,mais l’Art n’est régit par rien d’autre que VOUS.Prenons en exemple le terme HAJIME que l’on trouve en compétition et posons nous la question a savoir qui est cet homme et son droit de vous donner l’ordre d’ entamer tout combat,comme de l’arrêter d’ailleurs?Pour ma part,je mange quand j’ai faim(et pas parce que c’est l’heure),je dors quand j’ai sommeil,je dis ce que je pense(en toute politesse bien sûr)et non ce que les autres désirent que je dise….
        Pour tenter expliquer cela je dirais,en référence m’être soumis à des sessions d’entraînements innombrables(souvent en solitaire de surcroît),de chaque fois me dépasser et imbibées d’éternelles remises en question.
        Juste en exemple pour mieux situer le débat,le mois d’avril passé m’a vu travailler Nijushiho, en thème principal,et ce,à raison de 100 x/jour mais non en recherche d’une auto-justification,satisfaction,…. quelconque,bien loin de là.Non,ce qui m’alimente,est ce qu’il y a derrière,en terme de sensations,spirituelle,Okuden,…Pour ce faire il m’est arrivé de travailler cette forme,de nuit(l’arrachage de Morphée est une épreuve d’envergure),dehors dans la pluie,en tenue de travail,en intensif,en piscine….histoire de vivre tous ces ressentis différents.Le challenge qui s’est ensuite offert à moi,fut de délivrer le Kata de MES impositions personnelles(la quantité à faire,le délai établit,…)de sorte à vraiment le vivre de l’intérieur,et non plus avec les
        barèmes que JE m’étais établis.
        Tout est écrits depuis des temps immémoriaux(les traces aux pieds des fameuses pyramides d’Egypte,de 6000 ans nous montrent les premières traces du combat à mains nues.Les transmetteurs sont les Sensei,le vecteur est le Karatedo,mais l’artiste est VOUS.Tout est dans vos mains(le TE de KARATE),mains vides que VOUS remplierez avec le savoir que Vous recevrez,si VOUS savez écouter.Aucun préjugé pour être libre.
        Merci
        Marco

  4. Jérémie S. Lyon dit :

    Bonjour,

    Vraiment de très beaux articles techniques… J’adore les détails techniques sur les katas qui sont la base de tout bon karatéka. Il y a vraiment beaucoup (trop ?) de variantes entre les écoles (JKA, SKI – j’adore Kanazawa -, FFKAMA…). Je m’efforce de maîtriser les fondements techniques pour faire du beau et bon Shotokan. J’espère passer la Noire dans quelques mois.

    Concerrnant les trois yama-zuki, je trouve la position zenkutsu-dachi plus adaptée. Idem pour pour le double blocage qui précède le manji-kame. En revanche, parfaitement d’accord avec les deux premiers iza-kutsu. C’est comme cela que je l’ai appris : plus directe, plus rapide pour l’enchaînement blocage et contre-attaque.

    On attend les autres katas avec impatience.

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