Les titres


La course au grade est un mal assez récent car dans le passé, pour la plupart des arts martiaux, les grades n’existaient pas, mais on décernait plusieurs sortes de Titres :

« Renshi », c’était une sorte de brevet dans lequel le maître déclarait que le porteur avait atteint une quasi perfection technique, la maîtrise physique. Dans l’esprit actuel, pour beaucoup d’entre nous ce serait l’idéal. Mais dans le passé, ce n’était qu’une étape. Imaginez, on peut être un expert parfait en technique et se faire piéger stupidement. Donc, l’élève qui était sacré Renshi était l’assistant du maître, mais il ne pouvait pas ouvrir son propre dojo. Et si malgré tout, il le faisait, alors il s’exposait à ce qu’on nommait « le Dojo Yaburi » (qui signifie casser le dojo), de la part des disciples du dojo que l’on avait quitté pour enseigner sans autorisation. Cela peut faire sourire aujourd’hui, et pourtant si on n’y revenait… ce ne serait pas une si mauvaise idée dans certains cas !

« Kyoshi », était, et l’est encore, la maîtrise mentale, intérieure. Il était bien entendu impensable d’être Kyoshi sans avoir été auparavant Renshi.

« Hanshi », après Renshi et Kyoshi, si l’on parvenait à l’union , à l’harmonisation physique et mentale, on obtenait le titre de Hanshi.

« Menkyo Kaiden », c’est une sorte de brevet indiquant que le maître avait tout transmis. L’ancien système japonais d’évaluation Menkyo, certificat de transmission était utilisé dans différentes écoles traditionnelles d’arts martiaux. Ce système de Menkyo était composé de plus ou moins 5 certificats comme Menkyo Shoden (transmission de base), Menkyo Chuden (transmission de niveau moyen), Menkyo Joden (transmission de niveau haut), Menkyo Okuden (transmission de l’enseignement secret), Menkyo Kaiden (transmission de la totalité de l’enseignement).
Le Menkyo Kaiden quelque soit l’école était le titre suprême, le maître n’en délivrait que 2 ou 3 durant sa vie. Ce titre mettait le disciple au niveau du maître et signifiait que celui-ci avait tout reçu de son maître et qu’il était autorisé s’il le souhaitait d’ouvrir sa propre école voir son propre style ou une branche de l’école.  En pratique, on ouvrait un dojo que si l’on avait obtenu le Menkyo Kaiden.
Après ce certificat, le maître pouvait aussi le recommander à un nouveau maître pour que l’élève puisse parfaire sa connaissance et s’améliorer encore. Ce qui était de la part du maître la preuve d’une grande humilité et d’une grande ouverture d’esprit par rapport aux autres styles, aux autres maîtres… Ce qui nous enseigne que même avec un haut niveau et le titre de maître on peut se perfectionner, approfondir, échanger ses connaissances avec d’autres maîtres ce qui n’a rien de rabaissant bien au contraire et c’est ce qui manque malheureusement de nos jours à certains pratiquants.

Les temps ont bien changé …

Publicités

A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
Cet article a été publié dans L'esprit. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Les titres

  1. Onisan dit :

    Konnichi wa Ototo.
    J’ai lu attentivement ton plaidoyer pour le retour aux valeurs martiales de notre art et, pour certains, cette frénésie à la course au « grade ».
    J’en ai débattu longuement avec Dâkuseibâ Sensei.
    Après quelques instants de réflexion, Dâkuseibâ Sensei m’a dit, avec son petit sourire malicieux :
    – Retire la ceinture de ton pantalon et met cette couronne sur la tête.
    Je m’exécute, et j’avoue avec une certaine honte, que mon pantalon s’est mis à glisser sur mes jambes.
    Je m’empresse à le rattraper mais Dâkuseibâ Sensei m’en empêche d’un geste impératif..
    Le regard de Dâkuseibâ Sensei se fait perçant et il se vrille dans mes yeux.
    – Que déduis-tu de tout cela ?
    – Heu… que la ceinture a son utilité : maintenir le pantalon en place…
    – Bien… Et à propos de ce que tu as sur la tête ?
    – Quoi ? La couronne ?
    – Oui…
    – Je ne comprends pas…
    – C’est très simple : ce n’est pas parce que tu portes une couronne que tu es forcément roi !
    Kyoudai no yuujou.
    Onisan. Oss !

  2. Marco dit :

    Le Sensei est l’aiguille,le Deshi est le fil.Ensemble ils tissent l’Oeuvre.Bonsoir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s