Heian Godan

Heian godan est le kata qui clôture la série des « Heian ». Sans doute le dernier mais aussi le plus complexe des kata de base. Godan a ce côté visuel, cette touche passionnante liée aux mouvements et concepts qui tirent le pratiquant vers le haut, et qui prépare le karatéka à l’étude d’un kata supérieur comme Bassai dai.

Ici, non seulement le karatéka fait face à ce fameux contraste entre vitesse et mouvements lents, mais il doit aussi apprendre à sauter avec vitesse, équilibre et grâce (notamment sur la défense des deux poings en croix, Gedan jui uke).

La fin du kata est particulièrement difficile à maîtriser avec de nombreux transferts du centre de gravité, lors des passages de positions Zen kutsu en Kokutsu.

Heian godan comporte et enchaîne un grand nombre de techniques et positions nouvelles.
Apparition de Renoji dachi (souvent appelée aussi position en « L » où les talons sont sur la même ligne comme pour un Kokutsu dachi, mais le pied arrière n’est ouvert qu’à 45° environ et la position est beaucoup plus haute).

Les techniques nouvelles portent parfois des noms bien imagés : le mouvement de l’eau qui coule avec l’avant-bras (Zenwan mizu nagare kamae).
Apparaissent aussi le blocage enfonçant des deux paumes au niveau moyen (Sho chudan osa uke), le blocage vers le bas et le côté à partir de la position du cavalier (Sokumen gedan barai en Kiba dachi), le blocage crocheté et latéral au niveau moyen (Sokumen chudan kake uke), le coup de pied en croissant de lune (Mikazuki geri), coup pivotant et renforcé du poing vers l’arrière et vers le haut (Morote tsuki age).

Des mouvements complexes combinés sur un seul temps : coup de sabre, blocage balayé, double blocage en tourbillon des deux poings à deux niveaux différents (Shuto gedan uchi komi, Sho nagashi uke, Manji uke). Une manière aussi d’aborder le travail en Tai Sabaki, esquiver et contrer,

Des difficultés nouvelles aussi procurent à Heian godan ce cachet bien particulier. Au début du kata par exemple lorsqu’on doit passer de la position vers l’arrière Kokutsu dachi avec Chudan gyaku zuki à celle debout pieds fermés Heisoku dachi avec Zenwan mizu nagare kamae. Il faut bien veiller à coordonner les mouvements de la tête, des bras et de la jambe avec la rotation des hanches.
Des rythmes rapides alternent avec des rythmes lents et demandent une plus grande concentration.
A total, le kata comprend 23 mouvements pour une exécution qui s’étale sur environ 50 secondes.

Dans ce cinquième kata, on emploie le corps à son potentiel maximum.
Heian godan constitue un pas important de plus dans la connaissance du karaté et clôture avec lui la fin de l’apprentissage des katas Heian.
Cette fin correspondait autrefois au passage du grade de ceinture noire (Shodan) et à l’obtention du titre de Gakusei (étudiant). La connaissance des Heian était un préalable nécessaire pour entrer pleinement dans l’étude du karate-Dô.

Aujourd’hui, pour accéder au grade de ceinture noire 1ère dan, il faut connaître plusieurs katas supérieurs.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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