Préparation physique – le training mental

Dans un art de combat comme le karaté, ou l’adversaire tente de s’imposer physiquement, il est indispensable de développer son mental pour tenir bon et progresser.

On ne doit jamais douter de soi. Pour cela il faut pouvoir se préparer psychologiquement au combat. Apprendre à gérer le stress d’avant compétition par exemple. Avant chaque combat, il faut pouvoir se mettre en état mental optimal … que ce soit dans le circuit de la compétition, ou dans une pratique traditionnelle en dojo. Il faut savoir exploiter au mieux les temps de repos par exemple.

C’est pareil lorsqu’on se prépare à passer à un grade supérieur, ce travail sur soi permet d’éliminer pas mal d’obstacles physiques.

La base pour la prise de conscience du corps, c’est la relaxation. Une bonne séance de relaxation permet d’accroître nos ressources physiques et émotionnelles. En faisant le vide par la relaxation, on peut projeter mentalement une image sur laquelle se fixe l’esprit. Sans que rien ne vienne nous perturber, on développe ainsi notre pouvoir de concentration.
Les techniques de relaxation sont multiples. Certaines demandent du temps et sont plutôt pratiquées le soir après vos entraînements ; d’autres sont plus rapides et permettent une détente immédiate, ce qui est fort appréciable avant un combat par exemple. Mais évidement, pour obtenir et maîtriser ces méthodes rapides, il est impératif de débuter par les premières afin d’apprendre à contrôler son corps en association avec son esprit.

L’apprentissage de la relaxation nécessite une assiduité dans la pratique, comme dans beaucoup de domaines. Pour bénéficier pleinement de ses bienfaits, il convient de pratiquer chaque jour. C’est faisable pour chacun d’entre nous, il suffit d’y prendre plaisir et d’agencer notre emploi du temps de manière à intégrer la relaxation dans notre mode de vie.

Cependant, nombreux sont ceux et celles (surtout, car les femmes ont souvent une seconde journée après leur boulot quotidien dans le cadre de leur vie de famille) qui ne se donnent pas le droit de faire une pause dans leur vie trépidante. Pour ces gens, se relaxer est une contrainte. Ils se forcent malgré tout, à faire quelques séances, dans l’espoir de progresser. Dans un tel état mental, la relaxation ne sert à rien. Elle n’apportera pas les bienfaits escomptés qui devraient se concrétiser soit au dojo soit en compétition. C’est de cette façon que l’on passe à côté de quelque chose d’essentiel dans la pratique martiale. Sans vouloir faire de chacun de nous un champion en karaté, il faut quand même savoir que tous les champions pratiquent une discipline mentale. Peu importe comment ils la nomment (relaxation, sophrologie, autohypnose, etc.). Si on va plus loin, dans les arts martiaux, il est bien connu que de nombreux traditionalistes pratiquent une discipline mentale dépassant de loin la simple relaxation. Mais il s’agit souvent là plus d’une pratique religieuse que d’un mode de préparation psychique à l’effort.

Si je reviens à notre pratique du karaté, il est bon de souligner que toute technique prend d’abord naissance dans l’esprit avant de se réaliser par un acte technique. Si quelque chose vient perturber l’esprit, cela se traduira par un mauvais accomplissement de la technique à exécuter.

Comment parvenir à se relaxer ? Je ne vais pas m’étaler ici sur les différentes façons que vous pourrez trouver dans la plupart des ouvrages qui y sont consacrés, sachez que tout commence par la respiration, car celle-ci engendre des effets sur le psychisme, à condition de la pratiquer d’une certaine façon. Ensuite, il faudra apprendre à gérer la contraction et le relâchement musculaires pour aboutir à une visualisation. La visualisation permet de programmer son mental. Bien des pratiquants de karaté se posent des questions sur leurs possibilités. Ils doutent d’eux-mêmes. Il n’y a pas de miracle : soit on domine son mental, soit il nous domine. Le but est d’arriver à vaincre toute appréhension et développer notre combativité. Un exemple : au cours d’une relaxation, il faut trouver un symbole qui représente la combativité. Méditer sur ce qui est, pour soi, l’image représentative de cette qualité. Cela peut être un objet, un animal, un homme, peu importe. Ce qui compte, c’est que ce symbole vienne de soi. Le plus bel exemple qui me vienne à l’esprit est la célèbre devise de Mohamed Ali : « Danser comme un papillon, piquer comme une abeille ». C’est ce qu’il faisait au cours de ses combats …

Lorsque vous trouverez votre symbole, il vous accompagnera tout au long de votre pratique martiale. Si ce sont des mots, ils doivent résonner dans votre tête à chaque instant où vous serez en position de combattre. C’est le training mental.

Oss !

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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