Un kata, ça sert à quoi ?

Un kata, ça sert à quoi ?
A terme de temps, cette question revient sur le plateau des discussions. Essayons de garder notre calme et ouvrons nous à chaque avis …
Pour certains, le kata est un exercice inutile. Une gymnastique dénuée de toute réalité martiale. Pour ces gens là, l’efficacité passe par le combat et rien d’autre. Donc difficile de trouver des arguments accrocheurs dans la pratique du kata pour certains champions en kumite qui n’ont pratiquement jamais approfondi un kata.
Alors à ces gens, je leur renvoie d’autres questions … Leur kata est-il correctement exécuté ? Analysent-ils chaque technique pour la comprendre et la vivre pleinement ? Prennent-ils la peine de gratter jusqu’au bunkai ? Et puis aussi, leur kumite sportif est-il efficace en cas d’agression ?
Un compétiteur peut-il être façonné comme un karatéka au sens propre du terme ? Je ne le pense pas, tout simplement parce que la compétition élimine déjà toutes les techniques dites « dangereuses », donc efficaces à mes yeux … Beh voilà, je me suis mis tout les compétiteurs à dos …

La plupart du temps dans les arts martiaux, l’ennemi est en soi. Etre capable de se maîtriser soi-même avant de maîtriser un adversaire. Et là nous revenons au kata car le kata nous oppose à nous même. C’est la clé et toute la richesse du kata. Ce n’est pas une question d’être esthétique et parfait dans une gestuelle stéréotypée ou que sais-je encore … Exécuter un kata c’est se provoquer soi-même… c’est gagner de la vitesse dans les déplacements là où il le faut, c’est gagner de la puissance à des moments bien définis, c’est prendre des risques jusqu’à se déséquilibrer parfois, mais avec l’esprit d’un vrai guerrier. Un kata c’est aussi ça … Les compétiteurs ont souvent tendances à l’oublier…

Heureusement, pour d’autres, le kata représente un exercice de combat à part entière, où mystères et trouvailles alimentent une vie complète.

Quand on pratique un kata, on se pose beaucoup de questions. Pourquoi ceci ou pourquoi cela ? A force de pratiquer dans cet esprit on fini par trouver de vraies réponses et non des médailles …
Il n’existe pas de bunkai « type » en dix leçons pour chaque kata. C’est aussi ca la force du Shotokan. Une même technique peut être utilisable en diverses occasions avec des finalités différentes.
Le véritable karatéka ne s’arrête pas à l’écorce du fruit. Il le décortique et le suce jusqu’à son noyau.
Alors à quoi sert un kata ? A nous guider au travers de tout cela. Le kata est une rivière sinueuse et souterraine, pour s’y abreuver, il faut creuser …
Oss !

 

Publicités

A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
Cet article a été publié dans L'esprit. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s