Philosophie, les trois niveaux

Le karaté est souvent lié à des préjugés ou fausses croyances …Alors essayons de saper cette image qu’on lui attribue. La perception du karaté est souvent synonyme de violence.
Alors qu’en réalité, le karaté devrait être perçu comme une forme d’épanouissement
Tentons une approche humaniste, grattons l’essence véritable de cet art martial.
Voilà, je l’ai dit … art martial, ce qui signifie « l’art de faire la guerre mieux que l’ennemi ». Cette définition peut porter au malentendu. Car le véritable ennemi n’est nul autre que soi-même.
Ces quelques lignes parviendront peut-être à toucher une corde sensible ou du moins de faire réfléchir afin d’espérer modifier la perception du karaté.

L’art de faire la guerre mieux que l’ennemi. Il faut savoir lire entre les lignes car il existe deux raisons fondamentales pour être impliqué dans un combat : soit parce que l’on veut attaquer l’adversaire ou parce qu’on veut se défendre contre l’adversaire. Bien que l’homme a toujours tendance à pencher vers le conflit, en karaté, tout ce que nous apprenons sert à nous défendre.

Le premier niveau de défensive qui existe en karaté est le niveau spirituel. C’est à ce niveau que l’être humain prend les décisions qui dictent ses actions. Ce niveau est très sollicité en karaté, certains disent qu’il compose à lui seul l’essence même de l’art martial. Il est le fruit du dur labeur puisque le karaté vise à développer le caractère des ses pratiquants. Avec des valeurs telles la non-violence, la courtoisie, l’effort constant pour se surpasser. En guise de point de repère, je vous invite à méditer sur le dojo kun.
Donc quand on parle de défensive au niveau spirituel, on parle de former des personnes pacifiques, des personnes qui éviteront à tout prix la bagarre.

Ensuite vient le niveau intellect. La démarche, la posture, le regard, la façon de parler, et les discours d’un karatéka doivent témoigner de l’expérience acquise à l’entraînement, ce qui relève de l’intellect, le filtre par lequel passe toute information.
De cette façon aussi, le niveau intellect consiste à afficher aux agresseurs potentiels que nous ne sommes pas des proies faciles et qu’ils ont intérêt à aller voir ailleurs.

Enfin, le dernier niveau de défensive est le niveau physique. Le karatéka s’appuie toujours sur des notions solides pour rechercher la puissance et l’efficacité ultime afin d’éliminer et de neutraliser son adversaire le plus rapidement possible. Ceci empêche toute situation de se dégénérer.
Ces trois niveaux sont inter-reliés et ont chacun leur raison d’être.
En conclusions, au départ, le karaté servait à se rebeller contre l’oppression, les karatékas avaient vraiment à sauver leur peau contre des personnes armées. Depuis on peut parler des bienfaits du karaté sans avoir à faire référence à la guerre.
Mais le combat prend aussi une autre forme au sein de notre société. Le karatéka a les outils nécessaires afin de survivre à la bataille intérieur que chacun doit vivre tout au long de sa vie. Viser haut, plus haut que ce que la société actuelle offre, l’auto discipline et la persévérance qui nous permettront de nous rendre jusqu’au bout du voyage avec une santé mentale et physique équilibrée.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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