Karaté et self-défense

Dans une situation de ‘danger’, nous avons toujours le choix d’attaquer ou de nous défendre, le choix d’une technique ou d’une manœuvre, le choix d’être la victime ou le survivant …
Les règles qui s’appliquent aux compétitions de karaté et à l’entraînement dans le dojo n’existent pas lors d’une agression réelle. Frapper un adversaire à l’entrejambe en compétition est strictement interdit, et le faire contre un partenaire dans le dojo est considéré comme un manque de respect et de contrôle. Cependant, c’est une bonne technique de self-défense. Une seule règle lorsque notre vie est en danger : survivre !

Dans la réalité, les attaques peuvent prendre différentes formes, souvent effrayantes et brutales, mais il ne faut pas se laisser dépasser. Même blessé, nous devons demeurer concentré sur l’agresseur et non sur la blessure que nous venons de subir.
L’efficacité du karaté marié à la self-défense ne repose pas sur des techniques compliquées mais sur des réactions simples. Combiner notre karaté à des techniques pures de self-défense développe en nous le sens de l’opportunité, ce que certains appèlent parfois le timing. On parvient peu à peu à adopter une position de combat discrète, à nous maintenir à bonne distance de l’adversaire, à esquiver de manière fluide et surtout à aiguiser en nous le sens du danger.
D’où l’importance de reprendre la maîtrise de soi rapidement face à une situation d’agression. Faire appel à notre courage mais aussi notre détermination, apprendre à transformer une situation de crise en opportunité.

Rappelons-nous que notre corps est une arme à part entière. Mains, doigts, coudes, genoux, pieds et tête deviennent des outils en situation de crise.
Concentrons-nous sur les parties sensibles du corps de l’attaquant : la tête, le cou, le nez, la gorge, les yeux, les oreilles, le menton, les tempes, le plexus solaire, les côtes, les reins, le bas du dos, la nuque, l’aine, l’entrejambe, la colonne vertébrale, les genoux, les pieds, le tendon d’Achille, les doigts, etc …

Je pense qu’à partir d’un certain niveau de grade, il est plus que nécessaire de complémentariser nos connaissances avec cette approche de la self-défense sur base de techniques issues du karaté.
Avoir cette curiosité d’esprit, c’est aussi s’ouvrir à pouvoir mieux gérer une situation tendue dont peut dépendre notre vie.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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Un commentaire pour Karaté et self-défense

  1. Marco dit :

    Bonsoir Toutes et Tous;Par ma fonction professionnelle,je suis souvent amené a devoir évaluer la gestion des personnes avec qui je travaille et ce,en situation parfois lourde.Effectivement,comme il est mentionné ci-dessus,il reste impératif,pour ce faire,de les diriger vers des situations non-conventionnelles lors des divers entrainements!(celà étant parfois une prise de conscience frustrante pour certains,d’ailleurs).
    Il est parfois surprenant de constat qu’en terme de gestion,nous sommes relativement fort différents les uns des autres!Les moments de vérité se doivent de figurer sur notre itinéraire en Budo.Non qu’ils doivent absolument intégrer notre pratique mais plutôt constituer des points de repère face à nous-même.
    Selon moi,le Budo nous confronte à nous même,nos peurs,angoisses,…et non à un tiers.C’est un challenge permanent dans une vie de Shugyosha.
    Parcourant le monde,il me vient à fréquenter de nombreux dojo dans lesquels je travaille sans nul repère de label,ceinture,fédé,…et il est surprenant de voir comme ce manque de distinction à tendance à indisposer autrui!Danc ce cadre,la gestion est différente et met mal à l’aise.C’est le lot du non-conventionnel.Je reste fervent convaincu que l’on se doit de passer par cette porte pour ne pas vivre de rève(éveil est différent que réveil).Une pratique,outdoor,assymétrique(kata en recul,par exemple,…)nocturne,aquatique(dégagements,…)
    en tenue civile,….doit être complémentaire à une autre de forme plus traditionnelle.
    En prime,ce genre de formule a la tendance à compacter un esprit de groupe,ce qui n’est pas négligeable au sein d’un dojo(petite communauté)
    Je terminerais en tachant de comprendre ce que l’on sous entend en terme d’efficacité?Est elle dans l’instant(le tsuki qui va bien)dans le moment(la durée et la longévité)ou les deux à la fois.Merci et bonne soirée à Tous

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