Comment et pourquoi le Dojo kun…

Une caractéristique de l’entraînement dans un dojo de karaté au Japon, qui n’est pas souvent rencontré en Occident, est la récitation du Dojo kun à la fin de l’entraînement. C’est un ensemble de principes enseignés aux enfants et aux débutants. Le Dojo kun n’est pas toujours récité à chaque pratique de karaté,et quand il y a un cours d’adulte, il n’est pas lu à haute voix.

Réciter le Dojo kun en choeur au dojo a plusieurs objectifs; il aide chaque personne à intégrer les idées et les concepts du karaté, il peut également aider à développer le sentiment d’appartenance à un groupe qui a des objectifs communs. C’est un retour au calme après une séance d’entraînement. Il apaise et calme l’esprit et peut aider l’individu à réfléchir pourquoi il vient s’ entraîner plusieurs fois par semaine.

Normalement, le Dojo Kun est récité après une courte période de méditation (mokuso) à la fin du cours. Les élèves sont alignés par ordre de grade avec le professeur faisant face à l’avant où le Dojo kun est parfois accroché. Le plus haut gradé dit « seiza »; les élèves s’agenouillent. Pour les garçons, les genoux devraient être placés de sorte que deux poings côte à côte puissent s’y insérer. Pour les filles, les genoux sont serrés et se touchent. La procédure normale est que l’élève le plus gradé récite une ligne et que le reste de la classe la répète jusqu’à la fin de la séquence. Après le cinquième précepte, l’élève le plus gradé dit « mokuso » et tous ferment leurs yeux pour méditer. Après ces efforts donnés à l’entraînement, la méditation sert de transition pour nous ramener aux réalités de la vie quotidienne .

Quand le moment de méditation est fini l’élève le plus gradé dit « mokuso yame ». Les élèves et le professeur sont en position  » seiza » vers l’avant. « Shomen ni rei », on salue le fondateur (lorsque son effigie est exposée),le professeur se tourne pour faire face aux étudiants, l’élève le plus gradé dit alors « Sensei ni rei »,les élèves et le professeur se saluent. « Otagai ni rei », le troisième salut s’effectue entre élèves . Ensuite, le maître se lève et les pratiquants se lèvent à leur tour par ordre de grade en commençant par les plus hauts gradés.

Ces cinq préceptes, permettent au karaté d’être perçu comme quelque chose de plus qu’une méthode de combat ou un sport de compétition moderne. Ignorer les concepts présents dans le Dojo kun aura à la longue un effet négatif, à la fois sur le pratiquant et sur l’évolution du karaté en général.

De nombreux sports de combat se veulent efficaces, et le sont certainement en situations réelles ; ils en font même parfois leur marque de commerce, la réputation de leur école.
Mais la finalité du Shōtōkan est le développement de l’individu. Si une victoire en compétition ou l’efficacité en auto défense font la fierté d’un pratiquant, ce n’est pas uniquement dans ce domaine là qu’il sera jugé dans un club de karaté qui respecte ces cinq préceptes.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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