Bassai dai – Bassai sho … surpasser nos limites

C’est la seconde fois que j’aborde sur ce blog le kata Bassai. Sans doute parce qu’il fait partie de ces vieux katas qui ont un sacré passé. Aussi pour le fait que Sergio Gneo Sensei les a remis à l’honneur lors du dernier training national.

Je dis ‘vieux’ car Bassai a été introduit sur l’île d’Okinawa au 14ème siècle et qu’il aurait subi de nombreuses modifications avant d’être transmis sous ces deux formes que nous connaissons aujourd’hui, Bassai dai (la forme longue) et Bassai sho (la forme courte).

On dit même que certaines techniques pourraient être d’origine chinoise et indienne !
Bassai, le nom est souvent traduit par ‘pénétrer la forteresse’. Bassai c’est aussi ‘surpasser nos limites’ ou encore ‘vaincre nos obstacles’. Une référence lointaine aux prêtes, qui à l’époque, défendaient leur temple.
Mais le sens profond de Bassai, c’est en quelque sorte de prendre l’inconvénient et de le tourner en avantage dans le but de se surpasser. Un concept enraciné dans les principes du Bouddhisme.

N’allons pas imaginer que notre style shotokan possède l’exclusivité de la famille des katas Bassai. Il existe jusqu’à 8 versions des katas Bassai pratiqués dans divers styles.

Si on évoque plus souvent Bassai dai, il est tout aussi intéressant de s’arrêter un peu sur son petit frère, Bassai sho. Caractérisé par le maniement du bo (long bâton). Il faut bien maîtriser Bassai dai avant d’aborder Bassai sho. Autant Bassai dai dévoile une puissance brute, autant Bassai sho renferme une puissance intérieure.

Comme l’a parfaitement introduit Gneo Sensei au cours de l’entraînement, Bassai sho permet au karateka de se familiariser avec les différentes saisies et clés.

Pourquoi saisir, par exemple pour immobiliser, mobiliser, projeter, déséquilibrer, créer une ouverture dans la garde, maintenir une distance, empêcher l’utilisation d’armes, ou tout simplement créer un contact pour mieux contrôler l’autre dans ses mouvements. Enfin, saisie pour attirer l’adversaire vers soi ou au contraire se faire attirer vers lui en réaction !
Un exercice qui demande beaucoup de concentration face à un partenaire puissant, rapide et déterminé. On s’aperçoit alors très vite les faiblesses du karateka peu familiarisé à ce genre d’exercice.

Pourtant, n’est-ce pas là un aspect essentiel ? Une façon très efficace et réaliste pour nous amener au combat réel ? Le karate n’est pas fait uniquement de frappes de poings et de pieds … mais aussi de saisies, de clés, de balayages, d’amenées au sol, etc. L’étude de Bassai sho est là pour nous le rappeler et peut-être que les instructeurs devraient aborder plus souvent toutes ces combinaisons lors des entraînements réguliers.

Evidement, on reste toujours admiratif devant l’exécution parfaite de Gneo Sensei sur les passages les plus lents (et difficiles) de Bassai sho. Je pense tout particulièrement au début du kata en ‘bo uke’ et au final composé de mouvements circulaires en ‘tsukami uke’.
Un régal pour les yeux et une nourriture vitale pour notre âme de passionné.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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