Pourquoi Jion ?

Un blog, c’est fait pour tout dire, ce qui nous plaît, mais aussi ce qui nous interpelle parfois.
Puisque j’évoquais précédemment le passage à la ceinture noire, avez-vous déjà remarqué que la plupart des candidats ‘dan’ présentent le kata Jion comme tokui kata (kata libre).

Pourquoi Jion ? N’est-il pas synonyme de perfection ? Alors, dans ce cas, se considère-t-on déjà parfait à l’aube de la ceinture noire ?
Ce choix me laisse songeur. J’aimerai qu’un jour quelqu’un puisse m’apporter une réponse. Où alors est-ce un phénomène de mode ?

Si on prend la peine de se pencher sur l’origine du kata Jion, on remarquera dans les écrits qu’il est question d’un temple et d’un prête bouddhiste. Une légende dit que l’inventeur du kata a pratiqué sur le pont nommé Jion et c’est comme ça que le kata a reçu son nom.
J’espère que ceux qui optent pour ce kata comme kata favori le pratiqueront jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits … mais l’est-on vraiment un jour ? Est-ce possible d’être satisfait de soi-même avec si peu d’expérience ?

Jion est un kata solide, puissant, ravageur mais très raffiné à fois. Au premier abord, tout le monde peut le pratiquer avec aisance. Mais quand on commence à entrer dans le kata, on s’aperçoit très tôt que le combat n’est pas gagné d’avance.
Il y a beaucoup de points difficiles dans l’interprétation du kata. Il y a plusieurs parties dans ce kata et la difficulté réside à ne jamais donner l’impression de s’arrêter entre chaque partie. Le combat dans le kata est toujours présent. Mentalement, il faut toujours rester fort pendant le kata. Le rythme n’est pas toujours le même mais à aucun moment il n’y a de temps pour se délasser. Apprendre à maîtriser son esprit et sa respiration sans que la concentration et le mental ne s’affaiblissent.
Je considère que Jion est un des kata les plus mûrs et qu’il faut avoir l’esprit clair pour bien se l’approprier.

A ceux et celles qui ont choisi de présenter Jion lors de leur passage, je dirai qu’il est utile de prolonger l’expérience, sa proche recherche dans l’exécution de Jion pendant de longues années encore.
Méditer sur ce que l’on peut être au moment où on croit avoir atteint une exécution parfaite du kata.

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A propos Salvatore Baldacchino

Je pratique le karate Shotokan J.K.A. depuis 1976. J'ai atteint le grade de 4ème Dan JKA et j'enseigne depuis 1998 à l'Ecole Shotokan Karate-Do J.K.A. Bubishi en Belgique.
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